25 JAN 18 0 commentaire
À l’hôpital privé de Montluçon, la santé dans l’assiette

À l’hôpital privé de Montluçon, la santé dans l’assiette

Depuis trois ans, Florent Bois, diététicien à l’hôpital privé, participe au choix des repas du service d’oncologie afin que l’alimentation participe aux soins des patients.

 

La santé est dans l’assiette. À l’hôpital privé Saint-François et la clinique Saint-Antoine, on croit très fortement à cet adage.

 

Depuis son arrivée dans l’établissement il y a trois ans, Florent Blois, diététicien nutritionniste, a mis en place des protocoles personnalisés dans le service d’oncologie. « C’est un service qui compte le plus de prises en charge de dénutrition car les personnes y sont souvent âgées. La chimiothérapie, la radiothérapie sont des traitements lourds qui entraînent souvent des troubles du goût et/ou de la déglutition », constate le diététicien.

 

Une alimentation plaisir

L’objectif est de participer au rétablissement du patient en passant par un retour de l’alimentation plaisir. « On fait un bilan biologique du patient avec une prise de sang. On établit ensuite des repas en fonction des goûts et de la pathologie. On prend aussi en compte les aversions alimentaires. Cela ne sert à rien de servir du poulet à quelqu’un qui n’aime pas cela. Ce sont les patients qui choisissent leurs plats entre différentes propositions de notre part. On respecte aussi les habitudes des gens. Si la personne a l’habitude de prendre un potage le matin, on lui servira un potage le matin », souligne Florent Bois.

 

Les plats choisis peuvent être enrichis avec du beurre, de la crème, du fromage, etc., suivant les besoins. Des collations sont également proposées. Certaines pratiques peuvent même surprendre de prime abord. « Une personne qui ne mange pas ou peu de son plat principal peut avoir trois desserts si elle le souhaite. Les viennoiseries ont été réintroduites au petit-déjeuner, le mardi, le jeudi et le dimanche. C’est d’ailleurs très apprécié. On n’est pas dans une logique de perte de poids mais à l’inverse avec des personnes dénutries. Actuellement, la plupart des patients suivis dans le service d’oncologie ont plus de 70 ans. Ils sont plus âgés et en moins bonne santé qu’il y a quelques années. Il faut éviter la fonte musculaire. On veut au contraire que les personnes reprennent des forces », précise le diététicien.

 

Les repas mixés pour les patients ne pouvant plus mastiquer ont, eux aussi, bénéficié d’améliorations. Pour redonner de la saveur au plat et de l’appétit aux patients, les viandes ou les poissons sont mixés et présentés séparément des légumes ou des féculents.

 

« Prendre soin »

« Avec cette attention portée aux repas, on est typiquement dans la notion de “prendre soin”, renchérit Patrick Arthaud, le directeur de l’hôpital privé et de la clinique. Avant, on poussait des aliments dans l’estomac des patients. Maintenant, on revient le plus possible à une alimentation naturelle, accompagnée s’il le faut de compléments alimentaires. Mais nous avons pu mettre cela en place parce que notre fournisseur repas, Sodexo, est très à l’écoute de nos besoins et extrêmement réactif. »

 

Cette prise en charge porte ses fruits car les autres services de l’hôpital privé font de plus en plus appel à Florent Bois. « Ce n’est pas quelque chose que l’on peut mettre en place dans le cadre d’une opération en ambulatoire. Ça n’est possible que lors d’un séjour de trois semaines minimum. L’alimentation devient d’ailleurs de plus en plus importante au fil de l’allongement du séjour », constate le directeur.

 

Ces repas à la carte sont sans surcoût pour les patients car ils font partie des soins et sont mis en place à la demande des médecins. « Ça rentre dans le cadre des soins d’accompagnement pris en charge lors d’une hospitalisation comme la psychologue ou l’assistante sociale. Mais c’est aussi bénéfique pour l’établissement car une personne qui va mieux physiquement et qui a le moral rentre plus vite chez elle et le retour à domicile se fait dans de meilleures conditions. L’efficacité de ces pratiques s’évalue toujours a posteriori », note Patrick Arthaud.

 

 

© La Montagne – Par Florence Farina – 25/01/18

 


Ajouter un commentaire

Ajouter un message

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

 

Partager cet article avec un ami

Ce champ est obligatoire

Adresse e-mail invalide

Ce champ est obligatoire

Adresse e-mail invalide

Ce champ est obligatoire

 

Votre message a bien été envoyé.